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ne pouvait être, en nul endroit, plus sain et plus pur; la
maladie devait être bannie de cette contrée. « Le lait, la
crème et le beurre furent trouvés excellents (1). » Les dames
et les courtisans ne manquèrent pas d’exalter (les avantages
et le pittoresque de ce lieu. La maison même, pourtant
modeste, parut charmante, bien exposée et judicieusement
agencée à l’intérieur. Au surplus Jägersburg, tout
proche, et Hombourg, fourniraient un gite à la nombreuse
suite du prince en cas de séjour ultérieur. Tout militait
en faveur de « Luisenhof ». La « grande maîtresse », jouant
son rôle jusqu’au bout, fit ressortir que sans le désir manifesté
par « Son Altesse sérénissime », la comtesse sa bellesœur
n’aurait jamais consenti à se départir d’une possession
si productive et si agréable.
Le duc Charles-Auguste était conquis. La contrée ne
lui était, d’ailleurs, pas inconnue. Encore prince héritier,
il avait pu, en tant qu’invité, apprécier la beauté de cette
région boisée et giboyeuse, au cours des parties de chasse
données par le baron de Closen et son oncle (2). Le contrat
fut passé; le petit domaine, chèrement, princièrement
payé, devenait propriété ducale. Dès le lendemain, le
docile Mannlich (3), que la faveur croissante du duc avait
élevé, l’année précédente, à la dignité de directeur général
des bâtiments, fut appelé. Il s’agissait de transformer
l’écurie et l’étable en les agrandissant afin de pouvoir y
placer l’habitation du métayer et de sa famille. Bientôt
d’autres modifications à l’intérieur de l’ancien corps de
logis s’ensuivirent. Les pièces, plus convenablement décorées,
s’égayèrent de fraîches tentures; des armoires, des
meubles v apportèrent quelque confort. Des vaches
(1) MANNLICH, Mémoires, Ile édition, p. 336.
{2) AULENBACH, Aus sonnigen Tagen, p. 472.
{3) Johann Christian von Mannlich (1741-1822), peintre de la Cour (Ho/maer).
Un « rescrit » du duc Charles-Auguste. daté du 10 mars 1776, avait élev-Mannlich
à la dignité de Directeur des bâtiments à la place de Hautt, archilecte
renommé, qui occupait cet emploi jusqu’à cette date…, mais qui avai
ressé de plaire (Voir plus loin : chapitre IT).