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Ce besoin d’embellissement ou d’agrandissement resta
indécis dans son objet : « la grande maitresse » allait le
fixer, sans soupçonner les conséquences, dans la région
de Hombourg. En femme astucieuse, la baronne d’Esebeck
sut concilier l’intérêt de sa famille, le sien propre et
les désirs du prince. Elle tendit à celui-ci un piège dans
lequel il allait tomber.
La comtesse de Strahlenheim, belle-sœur de la favorite,
possédait sur le « Buchberg », à peu de distance de la
petite ville de Hombourg, une maison de campagne attenant
à une ferme dénommée « Luisenhof ». Ce nom lui
avait été donné par Karl de Closen, premier époux de
ladite comtesse de Strahlenheim, née Maria Luise von
Esebeck. En 1762 le baron de Closen, « maréchal de camp
du service de la France », avait acquis pour 30.000 florins
l’ensemble des pâtis à demi incultes (ôdliegende Gelände)
du Buchberg (1). Il construisit au milieu de ces terres en
friche d’assez vastes bâtiments agricoles et une maison
à laquelle il attacha l’un des prénoms de sa femme. "Un
fermier (2) (Geiselhofman) devait, en échange du logement,
le la subsistance des siens et d’une somme modique,
assumer les charges de la mise en culture et de l’exploitation
rurale.
L’année même de l’acquisition, le duc régnant, Christian
TV, avait conféré à ce domaine la qualité de « bien
noble » (fret adelig. Gut), ce qui assurait à la propriété
l'exonération de l’impôt foncier et d’autres charges fisrales.
Les terres s’étendaient autour de la ferme, sur une
superficie de « 40 Jucherten ». Cependant, le 29 septembre
(764, le baron de Closen terminait à Deux-Ponts une brillante
carrière d'officier remplie d’exploits guerriers (3).
Plus tard, sa veuve, héritière du « Luisenhof », s’était
(1) KAMPFMANN, dans HW'estpfälzische Geschichtsbläter, 1906, p. 19.
2} Il s'appelait Johann Tbecking (Kamvrwann, idem).
{3) Karl de Closen von Haydenburg, d’abord colonel du régiment français
Roval Bavière», reçut le commandement du « Roval Deux-Ponts » à l’époque