LES SEIGNEURS DE FREMERSDORF. 61
avec ses fermiers et déjeunant d’un morceau de pain bis.
« Le reste de la journée était consacré à ses enfants,
dont elle dirigeait les premières études et à ses devoirs
de société, alors fort nombreux, par suite d’un voisinage
agréable et élégant.
« On exerçait dans les châteaux environnants aussi bien
qu'à Fremersdorf une large hospitalité. Les principaux
voisins de M”° de Galhau étaient les marquis de Dampont
à Schwerdorf; les marquis de Villers, à Bourgesch; les
Lasalle de Vaudrevange ; plus loin, le baron Richard d’Ueberherrn;
enfin le commandeur de l’ordre teutonique,
dont la somptueuse commanderie de Becking était souvent
le point de réunion de cette société brillante et choisie.
Cette commanderie a été détruite pendant la Révolution.
Les principaux groupes en pierre grise, les fenêtres,
les portes et la grille ont été rachetés par M. Renauld pour
en orner son habitation, le château supérieur de Fremersdorf,
à l'époque où il le rebâtit.
« Les fêtes que donnait le commandeur m'ont été racontées
par un témoin oculaire, MP° Renauld, née de Galhau,
qui, bien jeune alors, se rappelait y avoir assisté avec sa
mère et y avoir remarqué, parmi les plus belles et les plus
gracieuses, les dames chanoinesses de Loutre (actuellement
Fraulautern), toujours vêtues de noir ou de blanc.
Elle se souvenait aussi de l’hospitalité princière qu’exerçaient
les moines bénédictins de Mettlach dans leur superbe
abbaye. On y servait les vins les plus généreux de
la Sarre et de la Moselle, dont les crus leur appartenaient.
Chaque convive trouvait même dans sa chambre, en s’y
retirant, une cruche de vin.
« Les cuisines regorgeaient de gibier, de poisson, et de
grandes marmites étaient toujours prêtes pour les besoins
des hôtes et des passants. Pour donner une idée de leur
dimension, Me Renauld, que je cite toujours, y avait vu
jeter à la fois plusieurs paniers de menu fretin.