LES SEIGNEURS DE FREMERSDORF. 57
sur le Limberg, lui ayant demandé d’être parrain d’une de
leurs cloches, il n’accepta qu’à la condition de choisir la
marraine ; ce choix,en tombant sur M"e Schmit', ne laissa
plus de doutes sur ses intentions; mais il restait à les
faire agréer à la baronne sa mère, dont l'orgueil aristocratique
se révoltait à la pensée d’une alliance avec une
simple famille bourgeoise.
« Christophe, avec l’effervescence d’un sentiment vif et
passionné, la persévérance d’un caractère entier et l’obstination
d’un enfant gâté, engagea la lutte contre d’anciens
préjugés. La résistance de M”° de Galhau fut vive et
opiniâtre, mais elle était mère et dut enfin céder. Seulement
il était à craindre que la charmante jeune fille,
cause innocente de ces débats, n’eût un jour à en subir
les conséquences.
« Le consentement de sa mère une fois obtenu, le jeune
de Galhau ne perdit pas de temps pour s’assurer l’approbation
de M. Schmit, dont la fierté se serait sans doute
offensée des répugnances de la vieille baronne, s’il en
avait eu connaissance.
« N’osant s'adresser directement à M. Schmit, le jeune
homme se ménagea l’appui de M. de Lasalle et se fit présenter
par lui à M. Schmit.
« Le jeune de Galhau,malgré ses avantages personnels,
sa position et sa fortune, ne parut qu’en tremblant devant
celui qui allait décider de son sort ; mais ses craintes
furent vaines, car il avait déjà trouvé un puissant proteecleur
et auxiliaire dans la douce et timide jeune fille sur
qui, doué comme il l’était, il n’avait pu manquer de faire
impression.
« Dès que M. Schmit eut appris de la bouche de M. de
Lasalle le motif de leur visite, il tendit cordialement la
main au jeune prétendant en l’assurant de son consen-1,
AMÉLIE ViLLEroy, née LE Masson, Histoire de Mme Christophe de
galhau-Schmit, racontée à ses enfants.