28 LES SEIGNEURS DE FREMERSDORF.
ont été racontés dans les plus petits détails par son fils
Christophe; nous allons donner un abrégé de ce long
récit.
P.-A. Galhau commença par prendre part à la campagne
antreprise par l’Empire contre la Porte ottomane et marcha
avec son régiment en Hongrie ; celui-ci perdit tant de
monde qu’il devint hors d’état de servir, et que l'électeur
dut le faire revenir.
À cette époque les Français construisaient le fort Mont-Royal
sur la Moselle et incommodaient beaucoup Coblence
par de petites entreprises faites jusque sous ses murs.
P.-A. Galhau, en qui l'électeur (Jean Hugo) avait confiance
parce qu’il connaissait parfaitement le pays, fut chargé de
mettre fin à cet état de choses*; il s’en acquitta avec succès
st défit les Français dans plusieurs engagements. Cependant
la fortune ne lui sourit pas longtemps; désirant enlever
aux Français un convoi d’argent qui se rendait régulièrement
de Hombourg (Palatinat) à Mont-Royal, il se fit
donner, avec l’approbation de l'électeur, un détachement
de 70 grenadiers et se porta à moitié chemin entre Kirn et
Trarbach pour s’y mettre en embuscade. Arrivé à cet endroit
le détachement français fut attaqué à l’improviste et
entièrement défait, mais son chef, un officier du régiment
de Gaubère, qui était bien monté, réussit à s'échapper et
alla avertir M. de Lesperoux qui commandait à Kirn.
Celui-ci, sans perdre de temps, lança de la cavalerie à la
poursuite de l’agresseur et lui coupa la retraite. Forcé de
se retirer dans un jardin entouré de palissades, P.-A. Galhau
y soutint un long combat, mais dut finir par céder au
nombre ; de tout son détachement de 70 hommes il ne lui
en restait plus que 7 avec lesquels il tomba entre les
mains de l'ennemi. P.-A. Galhau fut retenu prisonnier
pendant neuf mois au château de Kirn, où du reste M. de
t. Manuscrit de Christophe de Galhau.