CHAPITRE II
iJ’A NOS JOURS
Tandis qu’en France la Révolution avait détruit tout ce
qui rappelait l’ancien régime, toute idée de féodalité
n’avait pas disparu en Prusse et la seigneurie de Fremersdorf
eut l’occasion de faire valoir de nouveau ses anciens
droits. En effet, sur la demande de Gaspard Renauld et de
son gendre Charles Villeroy, la propriété fut élevée au
rang de Riltergui. La langue française n’a pas de mot pour
rendre exactement cette expression; on peut la traduire
par bien noble, ou propriété seigneuriale.
Pour être compté parmi les Rittergüter, il fallait qu’une
propriété jouit d’anciens droits féodaux, qu’elle représentât
une valeur d’au moins mille écus (thalers), et payât
un certain chiffre d'impôts fonciers.
Le propriétaire d'un Riitergut, le Rittergutsbesitzer,
jouissait autrefois de certains privilèges : il avait un siège
à la Chambre des représentants de la province et du Æreis
(sous-préfecture), le Provinzial-Landtag et le Kreistag.
Ces privilèges ont été abolis depuis, et le nom de Ritfergut
n’est plus qu’une question de titre, donnant un
certain relief à une propriété, sans toutefois lui procurer
des avantages particuliers.