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LES SEIGNEURS DE FREMERSDORF.
apposent les scellés partout, se transportent dans les
archives, inspectent les papiers, les titres, les liasses où
se trouvent des armes, des signes de féodalité, sont mises
de côté et destinées au feu.
« L'aîné des demandeurs voyant un dossier sur lequel
était inscrit « d'Oberhausen », demanda grâce en sa faveur,
disant qu'il concernait une terre qui revenait aux enfants
et ne regardait pas la mère.
« On dirait un moment que les brigands se laissent attendrir,
mais, hélas! ils ont découvert au milieu du paquet
un arbre généalogique, des armoiries; la fureur de la destruction
les ranime et tout le dossier est dévoré par les
flammes. C’était sans doute là que tous les droits des héritiers
de Galhau étaient établis et constatés, qu’on expliquait
leur parenté avec les d’Oberhausen, que l’on précisait
les droits de succession.
« Depuis ce moment les demandeurs regardèrent la terre
d’Oberhausen comme perdue pour eux; ignorant absolument
que Nicolas d’Oberhausen était leur grand-oncle,
qu'à ce titre, à défaut d’autres héritiers, ils avaient seuls
droit à son héritage; ignorant encore où, quand et comment
le testament, dont ils avaient entendu parler, avait
pris naissance et ce qu’il renfermait, le découragement
s’empara d'eux et ils ne se livrèrent à aucune recherche.
« Cependant quelquefois ils parlaient de leurs droits sur
la terre d'Oberhausen comme d’une tradition de famille,
et ils espéraient que peut-être un jour ils obtiendraient
quelques renseignements.
« Sur ces entrefaites, M"° Laporte, la veuve de Nicolas
d'Oberhausen, qui était usufruitière de la succession de
son premier mari, vint à décéder. Il est évident que dès
lors l’usufruit était terminé et que la succession d’Oberhausen
devait de plein droit advenir aux demandeurs.
« Si M. Laporte, dans cescirconstances, leur avaitannoncé
le décès de sa femme, la constatation de l’usufruit, les