LES SEIGNEURS DE FREMERSDORF. 15
de Fremersdorf, où elle vécut toujours isolée, se plaisant
à réunir autour d’elle les portraits, les archives de famille
qu’une clause du partage confiait à celui qui habiterait le
château de ses pères, et gardant précieusement toutes
choses dans l’état où sa mère les avait laissées.
« Ce fut un an après la mort de sa mère que M'® Sophie
de Galhau épousa son cousin M. de Lasalle, qui prit le
nom de Lasalle de Louisenthal. Il avait d’abord servi avec
son frère dans l’armée française.
« Le mariage était l’œuvre de la tante de Merten, mais
les jeunes gens y avaient aidé par leur inclination réciproque.
Ils s’établirent (pendant quelque temps) au château
supérieur de Fremersdorf, dont Julie était restée
propriétaire.
« Celle-ci, dans tout l’éclat de sa beauté précoce, eut
un sort moins brillant : M” de Lasalle la maria contre
son grë à M. Renauld, plus âgé qu’elle de vingt-cinq
ans. C'était un militaire retraité ; il était d’une famille
honorable, mais sans fortune, et sans rapports de goûts ni
d’intelligence avec cette aimable fille; il est vrai que du
côté du cœur son prétendant rachetait ce qui lui manquait
du côté de l’esprit.
« Julie essaya d’une résistance sans effet. Un témoin de
ce mariage raconte qu’il n’avait pu retenir ses larmes en
présence de cette belle personne de 16 ans sacrifiée ainsi
à un homme presque valétudinaire.
« Je ne sais pas précisément à quelle époque, mais ce fut
sans doute après ces différents mariages que les enfants
de Galhau allèrent visiter l’abbaye de Houzing; ils y trouvèrent
deux vieilles religieuses, seules restant de la communauté
disparue pendant la Révolution, qui les accueillirent
avec des transports de joie, les sachant les neveux
de leur dernière abbesse, une demoiselle d’Oberhausen.
« Me Julie Renauld n’eut que deux enfants ; le premier
ne survécut pas aux accidents du premier âge, le second