&ç&_-Nous
en avons rougi, nous en avons eu honte.
Que pour leur excuse soit dit que l’Univers presque
tout entier douta réellement de la fortune de la France.
Car la Commune, cette horrible épopée, éclatant le
lendemain de nos désastres, cette lutte fratricide sous les
yeux des Prussiens, elle ébranla la confiance des meilleurs
amis et fit un mal affreux dans les provinces annexées.
Plus que toutes les misères de la guerre, c’est elle
qui engendra le doute, ce triste et terrible précurseur de
l'oubli et de l’abandon. Il fallait certes, une foi surhumaine
pour ne pas complètement désespérer de la Patrie.
Cet état de chose dura jusqu’en 1874 où une réaction
eût lieu.
En Allemagne, les Milliards commençaient à fondre
comme neige au soleil de Mars; le colosse d’argile élevé
si péniblement au prix de tant de sang et de sacrifice, sentait
sa base s’ébranler jusque dans ses fondements.
D’étranges besoins, des maux complètement inconnus
à ce peuple réputé jusqu’alors si frugal et si sage, avaient
envahi tout À coup cette nation et jamais, à aucune époque
de l’histoire moderne, ce verset de Juvénal trouva-t-il
avec une légère variante, une application mieux justifiée :
€‘ Plus cruel que la guerre,
le vice s’est abattu sur l'Allemagne
et vengea la France vaincue.
Et tandis que dans cette Allemagne le vice se répandait
et prenait sous des formes variées des proportions
gigantesques, le GLORIA VICTIS sous la République, se
redressa au grand étonnement de l’univers, et lentement
mais fièrement, reprenait son rang au milieu des nations.
Et chacun de s’empresser à lui faire place, car son attitude
calme et réfléchie ne ressemblait plus du tout à
l’épuisement, à cet état de prostration que le vainqueur
dans son orgueil croyait avoir assurés pour un demi siècle
à venir.