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moment ne battait plus et où la raison semblait prète à
s'envoler ?
Quel peuple pourrait jamais oublier ces ‘“ Dies irae, dies
illae ? ”
Mais où la douleur atteignit son paroxisme ce fut le
jour de la capitulation de Bazaine.…..
Depuis longtemps déjà l’écho du canon de Metz se
portait de plus en plus faible jusqu’à Sarre-Louis, et dans
les profondeurs de la nuit on n’apercevait plus ces éclairs
fugitifs, qui, en rougissant le ciel, semblaient vouloir indiquer
de vastes mais lointaines incendies.
Au bruit sinistre des grandes journées succéda un
lugubre silence, précurseur inévitable d’une immense
agonie.
De bien tristes nouvelles circulaient dans la ville,
mais qui de nous avait le courage de s’en informer ? Nous
qui fâmes abreuvés d’irsolente pitié, bafoués du matin au
soir par la lâche et misérable valetaille de nos maîtres
toute ivre de succès ! Nous qui, pour comble d’ironie
fümes forcés à chaque dépêche, au nom du Dieu des armées,
de pavoiser et d’illuminer ! !
Hélas ! que n’étions-nous forcés d’apprendre encore !
Dans ce va et vient perpétuel, dans ce flot constant
de corps d’armées se ruant sur la France, un mouvement
en sens contraire éveilla notre attention.
Bientôt arrivèrent des détachements de la prévoté
et le défilé de la mort commença. Tout ce que l’armée de
Metz avait encore de vivant passa par Sarre-Louis et
Sarrebruck.
Juste ciel ! quel spectacle ?
Etait-ce là l’arruée française ? Ces grands corps amaigris,
ces squelettes vivants couverts de haillons, de
blessures et de plaies; ces hommes aux pieds nus, aux
regards éteints, les traits contractés à faire peur aux orfraies!
Etait-ce là la garde impériale ! les héros de Sébastopel
et de Solférino, de Palicao et de Puebla ?
Hélas! c’était l’armée de Bazaine!! !
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