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haine des plus invétérées, une vengeance dès longtemps
préparée.
Mais enfin, de l’autre côté, n’avions-nous pas nos
légitimes griefs et n’étions-nous pas appuyés par notre
armée de Crimée, d'Italie et d'Afrique, habituée à vaincre
et prête à se mesurer avec l’ennemi arrogant et vindicatif
qui, pendant plus d’un demi-siècle n’avait pas su oublier
ses défaites ?
Tout n’était-il pas prêt ? Pas un bouton de guèêtre ne
manquait à l'appel !! Et la leçon de l'Autriche, n’avaitelle
pas servi à nos généraux ?......
Le premier coup de canon tiré dans cette guerre
maudite, arracha brusquement le voile qui couvrait le
drame sanglant, et la vérité, l’affreuse vérité, se fit jour.
Dès le commencement des hostilités, le Général Gouverneur
fit venir devant lui notre conseil municipal et, dans
une allocution à la prussienne, brève et tranchante, il
avertit ses membres que toutes relations avec la France
étaient désormais suspendues, et que quiconque aurait des
velléités de vouloir communiquer avec l’ennemi de quelque
façon que cela fût, serait immédiatement fusillé !
On fit mieux ; les familles alliées à des officiers français
dûrent passer la frontière dans les vingt-quatre
heures.
Ces procédés sommaires expliqueront le reste, 11 n’y
avait plus de doute, l’agneau était devenu loup.
Aussi, après Sarrebruck, où pour un instant les 1llusions
semblaient vouloir encore nous permettre d’espérer,
la défaite de MacMahon et la bataille de Spicheren, les
luttes des grands jours aux environs de Metz et finalement
Sedan, toute cette malheureuse campagne du cemmencement
jusqu’à la fin, ne nous fit grâce d'aucune douleur,
d’aucune angoisse, d’aucune honte. Il fallut comme les
milliers d’autres de nos compatriotes francais, vider la
coupe jusqu’à la lie.
A quoi bon invoquer ici tous ces jours de deuil et de
misères, ces moments de souffrances suprêmes où, goutte
à goutte, le sang se figea dans nos veines, où le cœur par