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En 1865, lorsque Bismark était en train de préparer
ses trop fameux filets. dans lesquels la politique impériale
allait se laisser prendre, une espérance des plus folles vint
pour un instant miroiter à nos yeux.
C’était à l’occasion de l’agression de la Prusse contre
l’Autriche ;—agression injuste et si évidemment ambitieuse,
que l'opinion se souleva dans toute l’Europe,
Bismark, qui avait tant besoin de ses coudées franches,
chercha, ou plutôt fit semblant de chercher à s’allier la
France, même au prix de la rétrocession des provinces
Rhénanes. Napoléon, quoique déjà sur une pente bien
glissante, n’osa néanmoins accepter ce marché.
Arrêté ainsi dans ce qu’il considérait le véritable but
de son règne, c’est-à-dire la destruction des dernières
traces des traités de 1815, l'Empereur prit à espérer que
l'Autriche serait victorieuse, et accepta le pacte, par lequel
la France devrait rester simple spectatrice pendant la
lutte, et recevoir en retour de cette neutralité le bassin
de la Sarre.
Cet, événement, qui nous sembla miraculeux à force
d’être inespéré, fit cette fois batre le cœur des Sarrelouisiens
d’une manière tout à fait inaccoutumée.
Enfin, les Prussiens eux-mêmes admettaient donc le
fait, car dans les conversations privées comme dans les discussions
publiques, officiers et administrateurs se prêtaient
d’assez bonne grâce à cette rétrocession.
Triples sots que nous étions! cinquante années de
cohabitation dans une même ville, n’avaient pas su nous
éclairer mieux sur la force de duplicité et sur le caractère
vindicatif de ces hommes.
A Sadova, le Dieu des armées se déclara pour la
Prusse, —adieu les promesses ! !!
— Nous connaissons le reste...
Mil huit cent soixante-dix allait prouver d’une manière
terrible, jusqu’à quel degré Napoléon s’était laissé
jouer, et jusqu’à quel point un peuple pouvait être dupe.
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