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Dès les premiers mouvements de Paris, on avait
proclamé l’état de siège Pn notre ville. La hache du
sapeur prussien avait abattu les glacis et les promenades
extérieures, et bientôt notre triple allée de tilleuls qui
partait de la route de Vaudrevange à la cense Seuty, ne
fût plus qu’un souvenir du passé.
À peine nos jardins trouvèrent-ils grâce. Un régime
de fer fnt inauguré et lorsque la contre-révolution triompha,
bon nombre de nos jeunes gens impliqués dans le
mouvement furent forcés de passer la frontière.
Une exécution sommaire de trois pauvres diables de
la Landwehr, dissipa jusqu’à la dernière des illusions.
Durant cet intervalle, l’Empire remplaça en France
la République. Toujours avides à saisir les occasions pour
nous rapprocher de la mère-patrie, et entraînés comme
tout le reste du pays par ce nom magique de Napoléon,
une foule de nos jeunes gens se précipitèrent de nouveau
sous les aigles impériales.
En Crimée, en Italie, en Chine et au Mexique nous
trouvions des Sarrelouisiens sous les armes.
Une entrevue qui eut lieu à Sarre-Louis à la veille
de la Campagne de Crimée, entre le prince royal de Prusse
(l'Empereur Guillaume actuel) et un envoyé de l’Empereur
Napoléon (le maréchal St. Arnauld), donna le signal
du départ.
A cette occasion un nombreux état major français
séjourna dans nos murs. Hélas! pour si peu de temps
seulement………………
Ainsi bercés par d’étranges chimères, inconscient du
travail occulte qui se poursuivait sans relâche dans nos
écoles, trompés par ces mêmes sentiments humanitaires
qui feront toujours du caractère français un objet de
“pitié” pour le philosophe “ pratique ” d'outre-Rhin, nous
aussi nous nous endormions pendant des années sur nos
véritables intérêts et nous ne nous doutions guère de ce
que l’avenir portait de cruelles surprises dans ses flancs.