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mettions au ciel de ne jamais faillir. Quand la mère, la
prière terminée, nous donnait le baiser du -soir, tout notre
être se pénétrait du fluide divin du patriotisme, de cette
vertu magique qui ne s’efface plus et qui, de père en fils,
se transmette de génération en génération.
Et dans nos rêves d’enfant, lorsque le vaste panorama
de l’histoire de teut un siècle de géants se déroulait
devant nos esprits engourdis, une image toute radieuse,
celle de la France prenant les traits de cette même mère,
elle planait tout haut dans les cieux et avec un sourire
doux et triste à la fois, semblait nous dire peur nous consoler
:
‘‘ Enfant, espère et ne te décourage pas.”
Plus tard, lorsqu’on nous menait pour la première fois
à St. Oranne et de là aux ‘“ Trois Maisons” ou à Berviller,
c’est-à-dire en France, nous éprouvions une émotion des
plus étranges,et, jamais fervent allant à la Mecque ne sentit
son cœur envahi d’une ardeur plus sainte, d’un respect
ou d’un amour plus profond.
Qui de nous, du reste, ne se rappelle son premier
voyage à Metz ?
Qui de nous se rappelle l’époque de la fête de Sarre-Louis
où les parents et les amis venaient passer quelques
jours dans nos familles ? À peine nos petites jambes
étaient-elles capables de nous porter jusqu’à la cense Cordier
ou Souty. que nous y allions au-devant de la diligence
de M. Baptiste Meunier ou de M. Nicolas, recevoir
ceux qui venaient de France et qui nous apportaient l’air
et le soleil de la patrie absente !
Et jeunes hommes, lorsqu’un des Nôtres, officier dans
l’armée française venait en congé, qui de nous—les moins
fortunés—n’éprouvait des velléités folles de baiser les
pans de cet uniforme, qui, pour nous, représentait ce que
rêves, ambitions et espoir nous faisaient constamment
implorer du destin !