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Une débandade générale eut lieu, et tout ce qui ne
portait pas l’uniforme de ncs précieux héros, fut poursuivi
dans toutes les directions. Partout on fermait à la hâte
les volets et l’on se barricadait dans les maisons.
Cela commençait à tourner au tragique, car tandis que
derrière les persiennes le citoyen tremblait pour sa famille,
le gouverneur, les officiers et toute la soldatesque
parcouraient les rues, le sabre à la main, frappant retardataires
et étrangers, en remplissant l’air de cris féroces :
“A mort les français ! À mort l'ennemi héréditaire ! ”
Et cela se passait en l’an de grâce 1830, non pas en
pays ennemi, ou dans une ville venant d’être prise d’assaut,
mais bien dans une ville, que depuis quinze ans, on
s’efforçait à faire connaître à l’univers, sous le titre pompeux
de : “Preussisch Saarlouwis.”
Inutile de dire que de telles démonstrations étaient
peu faites pour établir une entente, entre les habitants et
la garnison, ni de favoriser un attachement quelconque
aux institutions prussiennes.
Aussi voyons-nous longtemps encore une sourde hostilité
régner dans nos murs, à laquelle suivit une espèce
d’abattement moral, ou plutôt une trève tacitement accordée
et observée de part et d’autre pendant des années... .
EEE EEE PETER PET FPE P EEE PE RERE EEE TER
Les Sarrelouisiens, trompés dans leur attente par la
révolution de 1830, se retiraient de plus en plus dans leur
for intérieur et à l’ère de vives et impatientes espérances
suivit une époque de calme relatif, qui, cependant, ne
ressemblait nullement à un abandon.
Si la lutte ouverte fut abandonnée, la foi dans l’avenir
resta la même.
Si M. le Landrath (Sous-Préfet) exerça sans obstacle
son pouvoir discrétionnaire sur l'administration municipale,
et savait en faire son profit—témoin l’incident de la
médaille offerte au nom de la municipalité au roi Guillaume
III, lors de sa visite à Sarre-Louis—qu'’est-ce que
cela faisait aux Sarrelouisiens ? et, que cela prouvait-il ?
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