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ou la cupidité, mais Dieu merci, le nombre en est tellement
petit et tellement peu profonde est encore la gangrêne
qu’au jour où justice nous sera rendue, nous nous
retrouverons tous unis dans une même et unique pensée :
celle d’offrir des actions de grâces au Tout-Puissant, pour
la délivrance du joug prussien.
Et ces messieurs le savent fort bien. Aussi lorsque
leur première tentative contre notre faible échoua misérablement,
changèrent-ils de tactique, et aidèrent-ils autant
qu’il leur était possible à favoriser l’émigration qui en
partant de 1818 prit un développement très-considérable.
Bon nombre de nos concitoyens, pour conserver à
leurs enfants la nationalité française de facto, préféraient
élire domicile de l’autre côté de la nouvelle frontière.
D’autres, et surtout ceux qui avaient une situation ou
un emploi en France, tous les licenciés qui ne voulaient
pas vivre sous la domination de l’ennemi qu'ils avaient
tant de fois combattu, partaient, attirant avec eux une
partie de leur famille.
Et les Prussiens de se frotter les mains. Cependant
ce peuple si astucieux se trompait au moins à demi.
Car au vide que cette émigration créait, et que naturellement
les prussiens cherchaient à combler à leur profit
venait s'opposer un équivalent, sous la forme d’une vaste
propagande, et sur lequel ils n'avaient certes pas compté.
Ainsi, tous ceux qui partaient, changeaient bien de
localité mais non pas de sentiments. Bien au contraire.
Pareils en cela aux juifs qui, après la destruction du
temple, emportèrent avec eux leur immense douleur
nationale mais aussi leur espoir sans bornes, ils ne désespérèrent
pas de rentrer un jour en libérateur dans la cité
martyre. Et dans une multitude d’endroits autrefois
par nous ignorés, fut ainsi introduit par les nôtres le culte
de la patrie absente.
Les familles en se divisant formèrent doub'e souche
et des relations nombreuses furent établies sur tout le territoire
de la France, propageant dans les plus humbles
hameaux du pauvre, comme dans les salons dorés du riche,
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