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sanglantes et souvent meurtrières, et d'où ne sortaient ps
toujours vainqueurs nos hôtes insupportables.
Il fallait par consé juent désarmer le bourgeois pour
que la soldatesque poméranienne et polaque gardât ses
coudées franches dans sa noble mission de civilisar ces
brutes de “‘ Franzosenkoepfe ”’ (têtes de français).
Tels étaient les procédés de nos maîtres de 1816
à 1818.
Les événements pendant les trente années qui suivent,
oftrent peu ou point de ces traits saillants qui font
époque dans l’histoire. Pourtant notre existence comme
peuple est devenue bien curieuse à étudier, et jusqu’à nos
jours, nous ne cessons d’offrir à l’observateur sérieux un
caractère singulièrement distinctif, et partant, donnant
matière à maintes pages d’actualités des plus instructives.
Car, tandis que la fatalité rive le destin de notre cité à
celui de la Prusse, faisant de cette puissance la souveraine
du sol et le maître de céans, tout notre être à nous, les
victimes de la conquête. restait intimement attaché à la
France, et, ambitions, rêves et aspirations, toutes les pensées
généreuses, toutes les effluves de l’âme furent constamment
dirigées vers la Mère -Patrie.
Ne vivant que de sa vie à elle, souffrant de sa douleur
et partageant sa joie, qu’était le Prussien pour nous,
sinon le possesseur du bien d’autrui, un intrus enfin, dont
la seule présence dans nos murs tenait en constant éveil
les plus cuisants regrets !
Nous vivicns ainsi réellement une existence double,
car si, par le côté matériel, c’est-à-dire par nécessité, nous
tâmes forcés de fréquenter nos ““ maîtres)” par le côté moral,
par tout ce qu'il y a de grand et d’élevé chez l’homme,
nous leur restions complètement étrangers, et soixante
années de germanisation n’ont pu ni affaiblir nos affections
ni entamer en rien notre caractère.
Certes, il y a parmi nous, comme parmi toute autre
aglomération d’hommes, des âmes faibles, faciles à entrainer
et à éblouir, aisées à gagner par l’orgueil, par l’intérêt