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Les royalistes se vengèrent cruellement de leur
second exil.
Mais lorsque les balles françaises trouèrent la poitrine
de Ney, lorsque le plus vaillant de nos soldats fut sacrifié
à la haine du vainqueur et à la rancune des émigrés, par
un Roi de France !—ces balles qui tuèrent le plus glorieux
fils de Sarre-Louis, faillirent faire bien d’autres victimes.
Une fosse béante s’entr’ouvrit tout à coup, engloutissant
presque jusque dans ses vastes profondeurs tout ce
que les Sarrelouisiens avaient gardé d’espérances, tout ce
qu’ils possédaient d’amour et d'affection.
Comment ! à peine l’encre avee laquelle ce traité
maudit fut écrit, avait-elle eu le temps de sécher, —tout
récemment écrasée sous le coup le plus terrible qui puisse
atteindre une population, anéantie et sans force, courbée
dans la poussière et plus morte que vivante, on lui jette
en pleine face l’assassinat de Ney ?
Les prussiens dans nos murs que jamais ennemis
n'avait encore souillés, et la terreur blanche frappant les
habitants d’au-delà de la frontière, leur infligeant le plus
sanglant des défis et ajoutant à leurs douleurs sans nombre
le plus lâche des oublis !
De quel airain doit être fait l’homme ?
Aussi, sous l'empire de cet affreux outrage que certes,
Sarre-Louis n’avait Jamais mérité, un groupe de français
dont le patriotisme était pourtant au-dessus de tout soupçon,
se laissa-t-il entraîner jusqu’à signer une déclarstion
de fidélité à un roi de Prusse.
Qui ! Le génie machiavélique de nos maîtres, exploitant
perfidement le délire du 1noment, avait su glisser à
son heure, sous la plume de notre conseil municipal cet
acte d’adhésion, qui selon eux, engageait l’avenir.
Œuvre doublement lâche et hypocrite, surprenant
la bonne foi des affligés et exploitant la douleur des
éprouvés.
Heureusement que le texte même de cet acte que
nous faisons suivre, et que tout récemment messieurs les
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