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Accahlé par la réalité des faits, et ne voyant que
trop bien que tout espoir était perdu, le peuple laissa
faire, et le drapeau des Bourbons flotta de nouveau et
pour la dernière fois sur le clocher de Sarre-Louis. Pendant
que l’on hissait le pavillon blanc, un parlementaire
russe vint annoncer la reprise des hostilités, parce que,
disait-il, l’on avait agi contrairement aux conventions
arrêtées la veille. Pourtant, après beaucoup de pourparlers
et d’explications les russes finirent par retirer leurs troupes.
Dès ce moment une véritable anarchie régna dans
nos murs. La garde nationale en débandade refusait le
service, la population ne voulait plus rien écouter.
Le 3 août arriva l’ordre de licencier les troupes. Le
lendemain les douaniers et la compagnie des flanqueurs
seuls remp'issaient le service de la place.
Cette révolte et cette excitation fiévreuse dura d’août
jusqu’en novembre.
Hélas ! on aurait pu se révulter à moins !...…….….….
Dans l’après-midi de lundi, 6 novembre, les prussiens
prirent leurs cantonnements à Beaumarais et à Vaudrevange.
Le soir même une estafette se présenta à l’état major
de la place, s’informant si l’on avait reçu l'ordre de remettre
Sarre-Louis aux autorités prussiennes. Sur la
réponse négative, et sur le refus de les laisser entrer, nous
fâmes de nouveau cernés.
On envoya en toute hâte à Metz, à l’effet de prendre
des ordres.
Dimanche le 12, l’adjudant du général Thomas, qui
portait une dépêche au quartier général ennemi, annonça
en revenant, que vu les refus du gouverneur, les prussiens
avaient l’ordre formel de recommencer les hostilités.
Effectivement, dès le lendemain matin, ils prirent possesion
de Loutre et de Roden, s’établirent à Enstroff et à
Listroff, dans les censes et dans les moulins. Ils arrêtèrent
même la diligence de Metz et refusèrent de la laisser
passer.
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