Full text : Notes et reminiscences historiques sur la ville de Sarre-Louis, 1680 - 1880

rité sur les frontières, les Comités de Surveillance cherchaient
 à découvrir et à conjurer les complots et les défections
 à l’intérieur ; car la tranquillité était bien loin d’être
établie.
La diversion d’opinion politique créa non seulement
de déplorables divisions entre les populations qu’il fallait
tâcher d’emmener à la conciliation, mais encore les intrigues
 des contre-révolutionnaires et des émigrés exigeaient
une rigoureuse surveillance. Ces comités, nés d’un véritable
 danger, avaient force raisons d’être, mais, étant
donné la faiblesse de la nature humaine et le péril immninent
 de la situation, il ne faut pas s'étonner si ils ont
souvent outrepassé leur but et, le côté malsain de la
passion populaire une fois déchaîné, dégénérés en maintes
occasions en ealatnités publiques.
Sous la pression de notre comité de surveillance, là
direction du canton fut obligée de faire des perquisitions
et des confiscations chez plusieurs de nos concitoyens.
En janvier 93, il lui soumit un rapport d’après
lequel il avait découvert un complot contre la sûreté de
l’Etat. Il prétendait, non sans raison cette fois, que
plusieurs personnes de Sarre-Libre et des environs entretenaient
 des relations suspectes et des correspondances
secrètes avec les émigrés.
A Vaudrevange on arrêta un nommé Dominique Philippe
 qui devait se rendre à Ober-Esch. On trouva dans sa
gibecière des habillements, sur sa personne 300 frs en
vieux écus et quinze lettres dont on ne put déchiffrer les
adresses. Ces lettres étaient très-compromettantes,
Aussi le 23 février, comparurent devant le juge de
paix Jean Seb. Hautz, la citoyenne Barbe Souty, femme
Dreyer, (ex-capt. au 96ième), Catherine Serrière, pensionnaire
 de la République et D. Philippe. Convaincus de
correspondance illicite, la femme Souty et Dom. Philippe
furent condamnés à 6 semaines de prison età 1500 frs.
d’amende, et Catherine Serrière à 6 mois de prison.
Mais bientôt les événements tournant tout à fait au
tragique, ces accusations et ces perquisitions ne se bornère!


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