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Le 22 juillet 1793, Sarre-Louis changeait de nom
et prenait celui de Sarre-Libre.
Ces redoutables événemen*s portaient aux quatre coins
de l’Europe leurs échos sinistres et produisaient partout des
effets et des impressions divers. Les rois y virent une
attaque directe contre leurs droits, les peuples, au contraire,
se réveillèrent à l’espérance d’un avenir meilleur.
De tous côtés on demandait des réformes, et dans nos
environs immédiats, dans les duchés de Sarrebruck et de
Zweibruck, dans l'électorat de Trèves, ou réclamait à
haute voix une constitution, l'abolition des priviléges et
l'égalité devant la loi.
En Belgique et dans les Pays Bas le peuple se contieut
à peine, et sur les bords du Rhin, on acclame nonseulement
nos efforts, mais on reçoit à bras ouverts les
Soldats de la Liberté.
Le vieux monde ébranlé jusque dans ses fondements
se disloguait, et les Rois effrayés se coalisèrent, afin d’arrêter
la marée montante des idées nouvelles et ne pas sombrer
eux aussi dans la tempête.
De tous les côtés à la fois, on ullait attaquer la France,
essayer d’écraser l’hydre de la Révolution, et enterrer,
sous ses décombres fumants, le dernier des Régicides.
L'histoire nous apprend comment le peuple français
répondait aux Rois.
Dès l’été 1792, un mouvement extraordinaire de
troupes eût lieu sur notre frontière.
Le 30 août on commença à abattre les haies, les glacis
et les arbres de nos jardins. On arma la place et
on l’approvisionna pour 4,400 hommes de garnison.
A près la bataille de Valmy (20 sept.) Kellerman avec
25,000 hommes prit ses cantonnements dans nos environs
et campait avec le gros de son armée sur le Geisberg, près
de Listroff. Cette armée couvrait la Sarre et contenait l’ennemi,
qui, sur la rive droite était fortement établi, principalement'’
dans les villages entre Mertzig et Tholey, et
avait ses avant-postes dans les bois de Becking à Dilling.
Le ler novembre, Kellermann, appelé à ‘l’armée des