3sappréciés
de tous. Les émigrés la traitaient de révolutionnaire,
tandis qu’à Paris dans certains centres, on la
disait trop aristocrate. La Législative, qui devait formuler
les lois du pays, la suivait. Mais sous l’influence des
parties extrêmes, l’œuvre de cette nouvelle assemblée ne
devait guère arriver à la hauteur de sa mission.
Bientôt, hélas ! deux torrents allaient se déchaîner sur
le pays, et, dans des excès épouvantables, chaque partie
allait trouver sa part de responsabilité.
Le premier club révolutionnaire s’établit à Sarre-Louis
le 20 novembre 1791, dans le réfectoire des Augustins.
Semblable à ceux de Paris, ce club allait exercer
son influence, souvent aussi néfaste, sur nos affaires publiques
et privées.
Le résultat le plus regrettable mais inévitable, pour
nous, fut la division de la population, jusqu'alors si unie,
en deux fractions diamétralement opposées. Les Modérés—
les Exaltés.
Et dès ce moment chez nous aussi la situation empirait.
Durant cet intervalle la guerre éclate.
Brunswick lance son manifeste, les prussiens franchissent
la frontière, entrent à Longwy et à Verdun, s'avancent
dans la Champagne et menacent Paris.
Alors s’échappa du sein de la nation, ce cri d’angoisse
et de fureur : “ La Patrie est en danger !” et à ce suprême
appel retentissant d’un bout de l’autre de la France, jeune
et vieux, riches et pauvres, tout court aux armes. Dans
les défilés de l’Argonne, Dumouriez à la tête de ses vaillants
déguenillés sauvait la France.
Les alliés battent en retraite, mais à Paris on détrône
le Roy. |
La Législative abolit la royauté, et proclame la République,
La monarchie s'était écroulée, le peuple régnait en
souverain ; au milieu d’une tourmente effroyable le pauvre
et faible Louis XVI paya de sa tête les crimes et les
erreurs de ses devanciers.
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