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Afin d'éviter des scènes sanglantes, on fit partir le
régiment dans le plus bref délai.
Et c’est ainsi que l’on vit, par des manifestations
suffisamment dangereuses, se développer dans notre petit
centre, les phases diverses des événements révolutionnaires
—
Sarre-Louis, comme toutes les autres villes de France
subissait un changement radical dans sa constitution.
Par ses réformes civiles et politiques, l’Assemblée
nationale ayant aboli le système des priviléges et des
faveurs, le droit commun les remplaça, et l’Egalité devant
la loi, devenait le partage de Tous.
Les divisions par Province, faisant place à celles par
départements, notre ville fit partie'de celui de la Moselle,
arrondissement de Thionville. et fut le chef-lieu du Canton
de Sarre-Louis.
Ce canton contenait neuf communes. La municipalité
administrait non-seulement notre ville, mais encore
les villages des environs compris dans le canton.
Tous les administrateurs furent élus par le peuple.
En 1790, le chef de notre municipalité était le Sr.
Bogart, et ceux du canton, MM. Barreault, Altmeyer,
Fiscal, Anheiser et Frantz. Le mode d’administration
était en tout point semblable à celui en usage dans toutes
les communes de la France. —
La révolution, qui, pendant sa première période fit
des progrès relativement lents, et qui, avec l’appui sincère
de la cour et des classes privilégiées eût certes pu régénérer
la France sans grande secousse, cette révolution prit
tout à coup une marche alarmante.
La nouvelle de la fuite du roi (21 juin 1791) qui
tomba comme un coup de foudre au milieu d’une excitation
déjà grande, acheva le bouleversement du pays.
Dans cette fuite, on ne voyait que le roi passant à
l'ennemi, qui déjà se portait en nombre considérable sur
nos frontières prêt à les envahir et à exécuter ses menaces.
La frayeur et l’anxiété qui éclatèrent dans notre milieu
étaient loin d’être imaginaires.
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