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Le 5 mai 1789, les Etats généraux s’assemblaient à
Versailles.
Sarre-Louis y envoya un de ses enfants, M. de Lassalle,
Lieut.-général au baillage de Sarreguemines.
Son cahier de demande, élaboré avec beaucoup de
soins, et semblable à ceux remis à la majorité du Tiers-Etat,
contenait en grande partie les réformes qu’on
appela plus tard “Les Principes de 89.”
Homme pacifique, mais résolu, Lassalle soutint partout
et toujours les droits et les demandes de ses commettants.
Dès lu première réunion des députés, la nécessité
d’une constitution ne fut pas même discutée; et lorsque
l’Ibvêque de Nancy termina son sermon de la messe d’ouverture
des Etats-Généraux par ces mots :
‘* Sire, le peuple sur lequel vous régnez a donné des
‘‘ preuves non équivoques de sa patience.……… c’est un
“ peuple martyr à qui la vie semble n’avoir été laissée
‘“ que pour le faire souffrir plus longtemps : ”……… toute
l'assemblée, le roi en tête, dut se rendre à l’évidence.
Se séparer d’un passé est toujours une tâche douloureuse,
mais lorsque ce passé fait l’unique force et la toute
puissance d’une classe privilégiée, cette tâche et cette
renonciation devient une vertu bien rare et bien difficile
à appliquer. —Vouloir la chercher dans la société privilégiée
du 18e siècle, c’était chercher l’impossible. Pareille
abnégation était au-dessus de ses forces.
Cependant, grâce à la fermeté du Tiers-Etat, on
arriva à la fusion des trois ordres. Cet acte patriotique
du clergé et de la noblesse permettait d’espérer les meilleurs
résultats.
Mais la cour, loin de suivre cette voie, que dictait la
sagesse la plus élémentaire, d'accepter franchement les
réformes et d’entrer dans le mouvement populaire, et de
la sorte le contenir et le guider, ne rêvait qu’opposition
violente.
Le roi trop faible se laissa entraîner à une résistance
qui devait venir fatale.
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