>
débordée par le trop plein des réjouissanceg, se noya dans
des plaisirs jusqu’alors à eux inconnus,
Cependant, cette Joie et ce bonheur n’était que passager
; mais, fière de fêter son premier Cuntenaire civique,
heureux d’y Joindre une ombre d’espérance, le peuple
reléguait toute pensée sérieuse au lendemain. Car déjà
on entendait au loin l’orage qui s’approchait.
Les événements en ce temps là marchaient à pas de
géants.
Notre fête avait donc vraiment une signification peu
commune. Tombant à pareille époque, elle éclaira d’un
côté, un passé dont les peuples allaient se séparer pour
jamais, et de l'autre elle illumina de ses mille feux l’aurore
d'une ère nouvelle.
Le vieillard courbé sous le poids des iniquités endurées,
n’aspirait plus guère qu’au repos, mais bénissait un
dernier jour de bonheur. Dans l-s yeux bleus de maints
gamins s'allumait un feu étrange à l'aspect de cet enthousiasme
civique, au souvenir des misères endurées par
leurs aînés; et dans le plus profond de leur cœur, a dû se
faire sentir pour la première fois, cette sensation sublime,
prélude du feu sacré, qui fait vibrer les cordes intimes
du patriotisme, et qui prépare les héros et les martyrs.
Car ces enfänts, c'étaient les Ney, les Grenier, les
Renauld, les Muller, les Toussaint, les Jeannet, enfin
toute cette légion de vaillants soldats, qui, sous la République
comme sous l’Empire, souvent les pieds nus, mais
toujours le cœur de bronze, allaient défendre le sol de la
patrie, conduire ou suivre le drapeau victorieux de la
France.
Ils étaient là, ces humbles enfants du peuple, le
regard étonné, fixé sur cette mer de lurnière :
Ils révaient à l'avenir...
Tel était Darre-Louis lors de son premier centenaire,
Quatre vingt neuf approchait, la Révolution était
prête à éclater.