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dis:
campagnes ”’—cette appréciation historique ne s’appliquait
pas encore chez nons. Et puis! la dette du pays, n’étaitelle
pas déjà en 1715 de deux milliards 400 millions de
livres. et n’allait-on pas payer vers 1786 près d’un milliard
d’impôts ?
Qui certes, il fallait un miracle de dévouement à cette
pauvre France, une incroyable vitalité, une élasticité sans
exemple, pour que la nation, endurant ces iniquités sans
nombre et ces hontes sans pareilles, n’éclata pas déjà sous
ce règne d'opprobres et de débauches, pour que sa fortune
ne sombrât pas mille fois dans ce tourbillon infernal, dans
ce déluge sans fin, que se préparait, de gaîté de cœur, ln
monarchie d'alors !
Sous ces gouvernements “ du bon plaisir,” avec leurs
systèmes de priviléges et de faveurs. la jalousie et la bassesse
n’ont dû que rarement quitter l’ordre du Jour
Car, pour obtenir il fallait ramper, prier et bien payer
pour préserver un droit ou réclamer justice. Les obstacles
les plus variés et les plus inattendus s’accumulaient peur
chaque chose et à chaque pas.
Les corporations et les maîtrises arrêtaient l’essor de
l’industrie ; le commerce avait à combattre contre des
restrictions et des monopoles funestes, enfin, les douanes
intérieures rendaient, en isolant les Provinces, leurs relations
aussi difficiles entre elles, qu’avec l’étranger. Et,
pour comble de fatalité, les effets déjà fortement ressentis
de la politique néfaste du commencement du siècle, qui, en
bannissant du territoire la partie la plus industrieuse de
la population— Les Réformés—établissaient. au profit de
nos voisins, cette redoutable concurrence dans toutes les
branches de l’industrie nationale, dont nous éprouvons,
même jusqu’à nos jours, les conséquences de plus en plus
fâcheuses.
Il est donc vraiment surprenant que sous de telles
circonstances, la France et surtout son commerce ait pu,
non seulement résister, mais encore progresser, et Sarre-Louis,
malgré ses malheurs personnels. faire honneur à ce
courant progressif.
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