D’après le calcul des alliés, la campagne de 1705
devait être décisive.
Battue dans les Pays-Bas et en Espagne, rejetée de
l’ Allemagne et de l'Italie, la France semblait perdue.
De formidables préparatifs furent faits pendant l'hiver
1704-05, et pour achever la défaite définitive, vingt puissances
s’apprêtèrent à se ruer sur nos frontières.
La situation était des plus graves, le danger des plus
éminents, un effort suprême seul pouvait la sauver. Alors,
dans ce pays épuisé par tant de pertes successives, au granrl
étonnement de l’Europe entière, cinq armées se formèrent
et marchèrent à la défense de la patrie. Le Maréchal de
Villars avec 40.000 hommes fut opposé à Malborough, le
vainqueur des Pays-Bas et de l’Allemagne.
La tâche était éminemment rude, mais l'honneur non
inoins grand.
Le plan d’opérations d'entrée en campagne des alliés,
portait en première ligne le siége de Sarre-Louis. Cette
place prise, l’envahissement de la Lorraine et des Trois
Evêchés, puis réunion de l’armée de Malborongh, et de
celle du Nord, et enfin marche combinée sur Paris.
L'expérience chèrement acquise par de cruels
désastres, ordonnait à Louis XIV et à ses généraux une
prudence excessive, et les instructions de De Villars, prescrivalent
une stricte défensive.
En général habile, de Villars, retrancha le gros de
son armée dans une forte position aux environs de Sirck,
s'appuyant sur les trois forteresses de Thionville, Luxeinbourg
et Sarre-Louis et les couvrant en même tenips,
opposant ainsi une barrière redoutable. quoique trèsétendue,
à l’ennemi.
Les communicationsentre ces places étaient fortement
établies; par deux ponts jetés sur lu Moselle pour les deux
premières, et pour Sarre Louis, par de forts détachements
cantonnés près de Bouzonville et de Bourg-Esch.
En cas de défaite, l’armée pouvait promptement se
replier sur un autre camp retranché établi sur la Nied,
entre Nied-Altroff et Siersberg, et s’y appuyer en toute
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