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‘ phrases échangées par moi dans un trouble indiscible et
“ par le maréchal avec sérénité, nous nous embrassämes ;
“ les dernières paroles qu'il m’adressa furent celles-ci :
« Adieu, mon cher défenseur, nous nous reverrons làhaut
! ”
* Rentré chez moi avec la fièvre la plus brûlante, j'y
“ trouvai M. Bignon, l’un des négociateurs du traité de
“ Paris, qu’une attaque subite avait mis hors d’état d’ar-“
river à temps pour être ouï aux débits. M. Bignon
“ était porteur d’une pièce relative au pont d’Iéna, qui
“ établissait, matériellement, le concours du roi au traité.
“ Les débats étant clos, je le priai de porter bien vite ses
pièces à la Cour des Pairs. J'ai su que, malgré l’extrême
faiblesse de sa santé, M. Bignon avait personnel-“lement
déposé son original.
« On connaît le dénouement du drame ; mais peu de
‘ personnes en ont appris certaines particularités qu’il est
“ de mon devoir de consigner ici, comme défenseur de sa
‘“ mémoire. Après que je l’eus quitté, le maréchal se
“ coucha et dormit du sommeil le plus paisible. Vers
“ minuit, M. Cauchy, greffier de la cour, se préseuta pour
““ lui lire le fatal arrêt. Les gardiens lui ayant dit qu'il
“ reposait, M. Cauchy, de son chef, différa le réveil jus-“
qu’à 4 heures du matin; à 4 heures, le maréchal fit
“ appeler M. le curé de Saïnt-Sulpice, pour remplir les
“ devoirs de la religion, puis Madaimne la maréchale et ses
““ trois fils, qui étaient encore bien jeunes.
“ J'ai été remercié M. Couchy de sa généreuse temés
porisation.
“ A 7 heures le maréchal descendit, causant sur les
““ escaliers avec le curé de Saint-Sulpice.comme avec un
‘“ ami qu’il aurait reconduit.
“ Au bas de l’escalier était un fiacre qui s’ouvrit pour
“* les recevoir. Le maréchal insista pour que le curé y
“ monta le premier, en disant : ‘“ Quant à moi, je vais
plus loin que vous. ”. 00000
C’était le 7 Décembre 1815, à la pointe du jour, les