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“ 80,000 baïonnettes françaises ; ce n’était pas avec un tel
“ appui que j'aurais souffert le moindre retentum.”
“ À un pareil commentaire de l’art. 12, confirmé par
“les deux honorables suffragants du prince d’Eckmuhl, il
“ n’y avait rien À y opposer. Dans le secret des déli-“
bérations fut glissé l’échappatoire que Louis XVIII
“ n’avait pas accepté le traité; à sa suite, il avait été
“ arrêté qu’il serait interdit aux défenseurs de l’invoquer.
“ Le maréchal eonfondit (dans ses interrogatoires)
“ l’aceusation par des à-propos aussi sublimes que simples.
“ ]1 rappela qu’il avait incorporé avec empressement
“ dans sa petite armée de Lons-le-Saulnier, tous les gen-“
tilshommes qui avaient voulu en faire partie ; que la
‘“ lecture de sa proclamation à ses troupes, dans cette ville,
“ avait eu pour témoins les généraux Bourmont, et il
“ ajouta : “ Quand Bonaparte me revit à Auxerre, son
“ premier mot fut de me dire : ‘““ Maréchal, vous avez agi
“ à Compiègne comme mon plus cruel ennemi. Si Louis
« XVIII eût suivi votre conseil, je ne serais pas ic1.””*
“ Une voix, dans les débats, ayant eru rendre encore
plus inviolable cette tête si chère, avait excipé, de ce
‘ que le maréchal NÉ A SARRE-LOUIS (PAR NOS SESSIONS
“ DE TERRITOIRE) ÉTAIT DEVENU PrUSSIEN. LE MARÉCHAL
““ AVEC LA PLUS VIVE INDIGNATION, AVAIT PROTESTÉ CONTRE
‘* CETTE INJURIEUSE MÉTAMORPHOSE, QUI LE DÉFRANCISAIT
‘“‘ POUR QU’IL NE FUT PLUS JUSTICIABLE. ÏEXPIER LE CRIME
‘“ DE SES VICTOIRES COMME FRANÇAIS ÉTAIT POUR LUI UN
‘ SORT MILLE FOIS PRÉFÉRABLE. À peine souffrit-il que j'en
“ vinsse, pour sa défense, au fameux art. 12 du traité de
“ Paris. Nouveau Régulus, l’amnistie lui semblait incom-“
patible avec l’honneur, pour lequel tant de fois il avait
, *# Le lendemain de son arrivée à Compiègne où Ney commandait, le
roi ayant fait venir le maréchal à son lever, lui avait demandé ce qu’il pouvait
faire de mieux pour affermir son trône. Avec sa brusque franchise,
Ney qui unissait éminemment le courage civil à la bravoure militaire, lui
répondit : “ Sire, un seul mot : faites que la garde impériale s'appelle garde
* royale et votre trône est inébranlable. ”