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“ illustre guerrier, tombé victime de l’émigration et de
““ l'étranger.
“ Aucun général français n’avait autant que lui droit
( à l’estime et à la reconnaissance des émigrés. Il était
‘‘ peu de familles nobles qui ne dussent à son humanité
“ d'avoir conservé ceux de leurs membres de l'armée de
““ Condé tombés en son pouvoir, dans les campagnes sur le
* Rhin.
‘ La confédération germanique devait à sa mémorable
€ retraite de Moscow le salut de plusieurs de ses princes,
<“ restés à l’arrière-garde de ln grande armée, qu’il com-‘*
mandait au retour de MOScow....……...... 22020 an0un0e
.“ De tous les généraux de Bonaparte, Ney était notoi-‘“rement
le plus désintéressé. Jamais ses caissons n’avaient
* été souillés des dépouilles de l’ennemi....………….....….
«.….“* Jetiens sur Ney, une anecdote qui seule donne la
‘“ mesure de sa valeur morale.
** Dans un dîner d’apparat auquel, chez le ministre de
‘‘ laguerre, Ney était invité avec plusieurs dames du
“ Palais, plusieurs grands dignitaires, plusieurs étrangers
‘ de la plus haute distinction, on lui avait donné pour voi-‘“
sin de table un prince de la Confédération servi par un
‘ heiduque. Ce serviteur avait pris, pour le Maréchal,
“ des soins si empressés, que celui-ci se retourna pour l’en
“remercier. Au premier coup-d’œil la salle du festin
““ avait retenti de cette bruyante exclamation de Ney :
Mais, c'est toi, Frédéric.” Et, pour s’excuser auprès
“ des convives, cette autre : “Pardon, mesdames et messieurs,
c'est un camarade de lit que je retrouve.” Le
“ prince par discrétion, avait fait remplacer Frédéric
‘* jusqu’à la fin du repas.
“ L'étrange interruption paraissait oubliée, mais le
“ sentiment qui l'avait causé était resté au cœur de Ney,
( qui au lieu de suivre les convives dans le salon, avait
** couru vers les antichambres s'informer de ce que Frédé-“
ric était devenu. Sur l’indication qu’il était retiré à
<“ l'office, Ney étant allé l’y joindre, l’avait embrassé, et,
““ après l’avoir grondé de sa disparition, lui avait glissé