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pendant six mois; mais lorsque manquant de tout, il fut
obligé de se retirer, il arrêta avec ses 6,000 hommes la
marche de 40,000 alliés anglo-portugais.
Puis des différents s’étant élevés entre lui et le duc
de Dalmatie qui commandait également en Espagne, Ney
rentra en France.
Nommé commandant du 53e corps, 1l fit en cette qualité
la campagne de Russie, et se battit à Liady, à
Smolensk et à la Moskowa:
Dans cette dernière bataille il fut le héros du jour
et s’y acquit le titre de : ““ Prince de la Moskowa.”....….
Jusqu'ici nous avons connu de Ney que l’heureux
soldat, le brillant militaire plein d’audace, de génie et de
bonheur. Mais c'est dans les jours de malheur que nous
allons retrouver notre héros duns toute sa splendeur.
D'aucuns, il est vrai, prétendent qu’on a trop embelli
le rôle de Ney, et fait une trop large part à son intrépide
fermeté dans cette malheureuse campagne de Russie ;
d’autres vont plus loin et l'accusent de s’être oublié au
point d’avoir abandonné son armée, (il commandait l’arrière
garde) pour assurer sa fuite après les combats de
Krasnoï. Mais des militaires dignes de foi, des personnes,
dont la religion ne peut guère être suspectée et qui étaient
à même de rouvoir vérifier et les dates et les faits, ne
laissent pas que de maintenir la gloire de Ney dans toute
sa grandeur et font de cette soi-disante défaction un des
faits d’armes les plus étonnants de cette campagne,
Tous s'accordent à dire que Ney, après avoir franchi
mille obstacles avec la poignée de braves qui lui restait
encore, rejoignit l’armée française qui, depuis plusieurs
jours, les croyait captifs ou ensevelis sous la neige.
‘“ Jamais peut-être, a dit un écrivain, général d’armée, au
milieu du plus éclatant triomphe, n’a excité plus d’ivresse.
n’a été accueilli avec plus de transport. ”
Toute l’armée le reçut avec des cris de joie, et l’Empereur
qui quelques jours auparavant s’écriait : * J’ai deux
cent millions dans mes caves, je les donnerai pour retrou-