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“ dépassé dans la journée d'hier, ou il eut encore deux
“ chevaux tués sous lui.
“ Jai donc cru devoir élever sur le champ de bataille,
“ cet officier au grade de Général de brigade, dont le
“ brevet lui avait déjà été envoyé il y a dix huit mois,
“ mais que sa modestie ne lui permit pas d'accepter alors.
“ En confirmant cette décision, vous donnerez, ci-“
toyens Directeurs, un acte éclatant de votre justice. ”
Au Quartier général à Abelsdorf, 21 Ther. an IV.
Signé : « KLÉBER ; ”
Le 23 du même mois, Ney se présente devant le fort
de Rottenbourg, envoie un de ses officiers d’Etat Major,
avec six ordonnances, au commandant de la place, le sommant
de se rendre, et s'empare de la place sans tirer un
coup de fusil.
Nous le trouvons toujours à la tête de l’armée de
Sambre et Meuse, qui s’avance victorieusement dans le
centre de l’Allemagne.
Durant la campagne de l’an V, il se distingue dans
maintes occasions, et, récapituler ici tous ses hauts faits
nous entraînerait trop loin.
A Neuwied, sous les ordres de Hoche, il se couvrit de
gloire et d’honneur.
A Dierdorf, avec 500 hussards seulement, il met en
déroute 6000 autrichiens, puis il attaque Giessen, défendu
par de l’Infanterie, avec une telle impétuosité, que l’ennemi
effrayé se retire en désordre à travers la forêt et ne
put se rassembler qu’à Steinberg. Cette manœuvre ne
lui aurait certes: pas réussi, si en franchissant un fossé, le
cheval de Ney ne se fut abattu, entraînant son cavalier
dans la chûâte. L’ennemi revient aussitôt à la charge,
s’empare de l’illustre prisonnier et fait reculer à son tour
la cavalerie française ébranlée par la perte qu'elle venait
d’essuyer. Le Général en chef réclama sur le champ le
général Ney, et le Diréctoire lui écrivit à cette occasion
une lettre des plus flatteuses.
L’armée ne tarda pas, en effet, à le posséder.