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lorsqu’elles envahirent la patrie pour nous la ravir, pieds
nus le plus souvent, le ventre vide bien des fois, mais
avec succès— toujours.
Pendant un quart de siècle nous avons combattu les
ennemis de la France, dont vous fûtes le plus acharné.
Sous la Monarchie nous nous trouvions dans les
rangs des oubliés ; sous l’Empire nous avons suivi le drapeau
tricolore dans toutes les capitales de l’Europe !
ET C'EST UN SARRELOUISIEN, NEY, QUI, À LA
TÊTE D’UNE ARMÉE FRANÇAISE, FIT BON EN-TRÉE
TRIOMPHALE A VOTRE BERLIN!
Oui ! nous avons servi la France avec un dévouement
sans bornes, un amour sans égal, et jamais, nous ne lui
avons marchandé notre sang.
Et ces souffrances, ces sacrifices, ces hontes mêmes,
ont fait germer en notre cœur un attachement inaltérable,
ils ont cimenté entre nous et ln Mère Putrie, un
lien indestructible, ils ont scellé avec elle un pacte que
vous ne pourrez ni effacer, ni détruire jamais !
Il vous est, du reste, bien aisé de vous en convaincre,
vous qui êtes les maîtres chez nous. Compulsez les régistres
de l’Etat civil, et comptez le nombre de ceux qui
sont morts pour la France. ‘
Et vous, chez qui la Force prime le Droit, vous
n’avez tenu aucun compte de ce lien sacré, Vous n’avez
même pas respecté la loi du sang, car vous n’avez pas
craint de jeter dans une lutte fratricide les enfants de
Sarr e-Louis qui ne vous servent que par force.
Vous avez osé célébrer le centenaire de Sarre-Louis,
fête qui ne vous appartient pas, et, pendant que les ruines
que vous avez amoncelées fument encore, vous vous attablez
à un banquet à deux pas du sinistre.
En cela vous aviez fait votre apprentissage en 70-71.
Par des démonstrations officielles, par une gaité de
commande, vous avez cherché à éblouir un public souvent
par trop crédule.
Mais vous n’avez réussi à tromper personne ; au contraire.
Dans le brâsier de notre édifice incendié, vous