64 LE BASSIN HOUILLER DE LA SARRE
rait pu l’être. Les résultats obtenus ont provoqué,
à plusieurs reprises, des plaintes au Landtag de
Prusse. Le prix de revient d’une tonne de charbon
sur le carreau de la mine est plus élevé dans les
mines fiscales que dans les mines privées du bassin
(10 marks 71 contre 9 marks 637 en 1911). Il est
notablement plus élevé que dans le bassin de la
Ruhr. Là, comme ailleurs, l’exploitation par l’État
est peu rémunératrice.
On a dit que la production des mines de la Sarre
avait été paralysée par le manque de débouchés,
notamment par l'opposition du gouvernement
prussien à la canalisation de la basse Sarre et de la
Moselle. En réalité, ce ne sont pas les charbonniers
de la Sarre qui ont eu à souffrir de cette opposition,
mais les industriels, surtout les métallurgistes, qui
voulaient, par la Moselle et par le Rhin, atteindre
le port d’exportation de Rotterdam, et, par les
canaux de Hollande, celui d’Anvers. Le charbon de
la Sarre ne peut pas lutter sur le Rhin avec celui
de Westphalie. Ses débouchés sont vers le Sud : il
dispose, de ce côté, du canal des Houillères, qui
s’embranche sur le canal de la Marne au Rhin à
Gondrexange. L'avenir du bassin, comme d’ailleurs
son extension possible, est vers le Sud. Ses
relations naturelles sont avec l’Alsace-Lorraine, la
France de l’Est, la Suisse et l’Italie. Un de ses entrepôts
est Strasbourg, un autre pourrait être Bâle.