Full text : Le Bassin de la Sarre

LA FRONTIÈRE DE LA SARRE 51

I] est vrai que ce traité ne nous enlevait pas pour
cette fois Thionville, mais il nous ravissait, outre
le pays de Sarrebruck, la place forte de Sarrelouis
avec la plus grande partie de son canton (18 communes)
 ; le canton de Relling (Rehlingen) et 34 communes
 ; plus une commune du canton de Sierck et
trois de celui de Bouzonville. C’était la perte de
cette ligne de la Sarre qui, depuis Ryswick, avait
été le but des efforts de notre diplomatie, la mise
à néant d’une œuvre de près de deux siècles.
La patrie de Ney resta longtemps inconsolable.
Le département de la Moselle, lui aussi, garda vive
cette plaie au flanc. Car il se voyait privé d’une
population de 40.587 âmes, près du dixième de ses
habitants !. Son industrie si active était frappée
d’un coup qui pouvait être mortel, si elle n’avait
trouvé dans son énergie et son esprit d’initiative
les moyens de s’en relever à la longue.
Une brèche avait été ouverte à notre frontière
dans l’intention bien avouée de l’élargir ; car, dans
l’opinion de Gneisenau et de la plupart de ses compagnons
 d’armes, cette paix n’était qu’une trêve.
On en avait fini avec Napoléon : le compte restait
à régler avec la France ; tels étaient les propos courants
 dans les cercles militaires prussiens 2. — Ces

1. Arch. Nat, Fte, IIL Moselle, 9 : estimation donnée
par le préfet de la Moselle ; rapport du 127 mai 1818.
2. W. ScumiTz, ouvr. cité, p. 13.
            
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