50 LA FRONTIÈRE DE LA SARRE
bout le rôle de victime, car les arguments mêmes
invoqués ci-dessus montraient bien ce qu’elle était
menacée de perdre en se séparant du marché français.
On faisait luire à ses yeux, en guise de consolation,
la promesse d'être affranchie des contributions
de guerre qui pesaient sur les localités destinées
à rester françaises. Dès la fin de juillet, le parti
allemand releva la tête, changea suivant ses vues
la municipalité, et dès les premiers jours d'octobre
le bruit s’accréditait que « tout l’ancien pays de
Nassau-Sarrebruck allait être séparé du royaume »1.
Ce n’était encore qu’une partie du désastre qui
devait nous frapper. On sait quelles furent les clauses
que, sous la menace de l’Europe coalisée, le duc
de Richelieu, qui avait remplacé le 24 septembre
le prince de Talleyrand, dut contresigner le 20 novembre
1815.
Art. 1, $ 1. De Perle, la ligne de démarcation passera
par Launsdorf, Wallwich (Waldwiese), Schesdorf
(Sehwerdorf), Niederweiling, Pellweiller (Berweiler),
tous ces endroits restant avec leurs banlieues à la
France, jusqu’à Houvre *, et suivra de là les anciennes
limites du pays de Sarrebruck, en laissant Sarrelouis
et le cours de la Sarre avec les endroits situés
à la droite de la ligne ci-dessus désignée et leurs
banlieues hors des limites francaises...
1. Arch. Nat, F!*, 6078 : lettre du directeur de l’Ecole
des Mines de Geislautern (11 octobre 1815).
2. La Houve ; mines de houille près de Creutzwald.