LA FRONTIÈRE DE LA SARRE 47
vivaces. Le rôle de la Prusse dans la campagne de
1815, son intervention sur le champ de bataille
suprême semblaient justifier toutes les prétentions.
Plus que jamais elle se posait en sentinelle nécessaire
en face d’une France jugée menaçante pour
le repos de l’Europe.
Une première concession lui fut faite par le protocole
du 30 novembre 1815 (annexe I). Agissant
au nom de la Confédération, l’Autriche cédait à la
Prusse, sur la rive gauche du Rhin, les territoires
encore réservés dans l’acte précédent : soit Saarburg,
Merzig, Wadern, Tholey, partie du canton de
Lebach, Ottweiler, Saint-Wendel, etc. Cette fois la
Prusse atteignait notre frontière de 1814 ; elle l’atteignait
pour l’enfoncer.
Trois semaines après Waterloo, le 10 juillet, les
plénipotentiaires prussiens, Hardenberg et Guillaume
de Humboldt, étaient passés par Sarrebruck,
se rendant à Paris. Le commissaire des mines installé
l’année précédente par les alliés, Henri Bœæcking,
se hâta de remettre sur le tapis la question qui
lui tenait à cœur. Après avoir conféré avec eux, il
les suivit à Paris. Le notaire Lauckhard, qui avait
rempli pendant l’occupation des alliés les fonctions
de bourgmestre, l’accompagnait pour donner à ses
dématches l’apparence d’une délégation officielle.
En réalité, c’est à Bœcking que revint le rôle essentiel
dans les pourparlers qui se poursuivirent, de