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LA FRONTIÈRE DE LA SARRE
écrites sous l'inspiration, sinon par la plume de
Tallevyrand lui-même, il était dit :
En ce moment (septembre 1814), ses émissaires
(de la Prusse) et ses partisans agitent l’Allemagne,
lui peignent la France comme prête à l’envahir encore,
la Prusse comme seule en état de la défendre, et
demandent qu’on la lui livre pour la préserver. Elle
aurait voulu avoir la Belgique. Elle veut avoir tout
ce qui est entre les frontières actuelles de la France,
la Meuse et le Rhin. Elle veut Luxembourg !…
Ces revendications reçurent un commencement
de satisfaction par l’acte du Congrès signé le 9 juin
1815, quelques jours avant Waterloo. Un large
domaine était taillé, sous le nom de grand-duché du
Bas-Rhin, en faveur de la Prusse. Sa limite méridionale
partait du Rhin à Bingen, passait au Sud
de Kreuznach, Meisenheim, Hermeskeil, atteignait
en amont de Conz la rive droite de la Sarre qu’elle
suivait jusqu’à son confluent 2. Cet arrangement
faisait de la Prusse la principale puissance de la rive
gauche du Rhin ; cependant elle ne touchait en
aucun point les frontières de France ; les cantons
de Saarburg (sur la basse Sarre), Merzig, Wadern
s'interposaient comme une zone encore réservée
entre elle et la limite qui nous était tracée.
Waterloo vint ranimer des convoitises toujours
1. TarLvrann, Mémoires, t. II, p. 243.
2. Acte final du Congrès de Vienne (art. 25).