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LA FRONTIÈRE DE LA SARRE
lors si fortement engagée dans les voies de l’industrie,
un avantage considérable que de conserver
le contact direct, sans solution de continuité politique
et douanière, avec ce qui était son complément
naturel. Une chaîne de besoins réciproques entre
les pays de la houille, du fer et des salines liait ces
populations : les sacrifices consentis pour cet objet
prouvent que leur voix sut se faire entendre.
Le traité du 30 mai 1814 évoque certainement
de douloureux souvenirs : l’écroulement d’une domination
qui avait élargi le rayonnement de la civilisation
française, la perte de nos conquêtes de la
République, l’abandon de treize départements en
Belgique et sur la rive gauche du Rhin. Du moins
on pouvait considérer sans trop d’inquiétudes la
frontière qui nous était ménagée dans la région de
la Sarre. Elle garantissait nos intérêts économiques :
et quant à sa signification politique et stratégique,
on peut la résumer en disant qu’elle semblait nous
assurer définitivement la possession des deux rives
de la Sarre depuis Sarreguemines jusqu’en aval de
Sarrelouis. C’était, avec un progrès en plus, l’accomplissement
du dessein poursuivi par la diplomatie
française jusqu’à la veille de la Révolution.
Le ministre Vergennes aurait pu se reconnaître
dans cette œuvre de Talleyrand.
Un mois après la signature du traité, le général
Durutte, commandant à Sarrelouis, reprenait pos-