LA FRONTIÈRE DE LA SARRE 43
Quelles acquisitions compensaient ces sacrifices ?
Nous obtenions de conserver, en échange, un territoire
à peu près équivalent en étendue à celui que
nous abandonnions, supérieur il est vrai d’à peu
près un tiers en population ‘, mais surtout se recommandant
à nous par un incontestable intérêt économique.
La délimitation stipulée au paragraphe 4
nous attribuait deux parties de l’ancien département
de la Sarre, l’une sur la rive gauche, l’autre
sur la rive droite de la rivière. Cela comprenait,
sur la rive gauche, outre la ville de Sarrebruck, les
houillères déjà exploitées entre les cantons de Forbach
et de Sarrelouis ; notamment les bourgs de
Ludweiler et de Geislautern, siège de l’École des
Mines.
Sur la rive droite et au Nord de la Sarre, la part
qui nous était faite était loin de comprendre l’ensemble
du bassin houiller; elle nous attribuait,
toutefois, les gisements de Burbach, Saint-Jean,
Dudweiler, Volklingen ; un ensemble d’exploitations
qui, jointes à celles qui étaient en activité
dans notre arrondissement de Sarrelouis, assuraient
notre prépondérance industrielle. Nous restions
enfin en possession des belles forêts qui s'étendent
au Nord de Sarrebruck.
C’était pour l’ensemble de la région lorraine, dès
1. La ville de Sarrebruck ne comptait guère alors que
5.500 habitants.