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LA FRONTIÈRE DE LA SARRE
Ces deux paragraphes ne peuvent être interprélés
comme une de ces « augmentations de territoires
» prévues en notre faveur par le préambule
de l’article 2, mais plutôt comme une transaction
consistant à acheter par de notables sacrifices la
conservation d’un territoire nécessaire à l’entretien
de nos industries. En effet, le paragraphe 3 stipulait
implicitement l’abandon définitif de cette ancienne
possession lorraine, le canton de Tholey,
dont nous n’avions cédé la plus grande partie en
1786 que pour la reprendre sept ans après. Les trois
communes qu’y avait encore gardées l’ancienne
monarchie nous échappaient cette fois. En outre,
le traité nous enlevait une bande de territoire
située entre la Sarre et la Moselle, qui était comprise
dans l’intérieur de notre frontière de 1792.
La démarcation tirée de Perl à Fremersdorf enlevait
dix-huit communes au canton de Sierck et
nous rejetait à une vingtaine de kilomètres en
arrière de la frontière qu’avaient tracée, en 1778,
nos conventions avec l’Electeur de Trèves. Une des
principales routes menant à Lyxembourg nous
échappait ainsi. On sait quel fut, dans ce trafic de
territoires et de populations auquel se livra la diplomatie
de l’époque, le rôle que jouèrent les évaluations
numériques d’habitants. A ce compte, c’était
environ douze mille unités que nous perdions 1.
1. De CHasrerLux, Le territoire du département de la
Moselle, histoire et statistique, Metz, 1860, p. 207.