LA FRONTIÈRE DE LA SARRE
rebruck à la France ; d'accord en cela avec le Prussien
Justus Grüner qui, en mars et avril, menaçait
publiquement de « punir comme perturbateur du
repos public quiconque parlerait d’une limitation
de la France soit par le Rhin, soit par la Sarre »1.
Ces avertissements comminatoires visaient des
réclamations plus ou moins ouvertes que ne justifiaient
que trop les intérêts et sans doute aussi les
vœux de la majeure partie des habitants. Nous ne
savons qu'imparfaitement ce qui se passa dans la
ville de Sarrebruck, dont les alliés avaient remplacé
le maire par un bourgmestre de leur choix. Il paraît
certain que Talleyrand fut mis au courant des besoins
et des vœux par un mémoire parti de Sarrebruck.
L'effet de cette démarche est visible dans
les arrangements qui furent consentis de notre part
pour conserver à notre industrie ce gage essentiel.
Lorsque le résultat des négociations commença à
transpirer, l’émoi fut grand parmi le groupe qui se
considérait déjà en pays conquis. Le commissaire
spécial établi par les alliés essaya de détourner le
coup par une lettre datée du 8 juin 1814 et accompagnée
d’une délégation à l’adresse du gouverneur
J. Grüner. On y suggérait l’expédient de concéder
à la France l’exploitation d’un certain nombre de
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|, Arch. Nat, F!4, 6078 : lettre de l’inspecteur franpais
de l’Ecole de Geislautern, en date du 30 avril 1814,