LA FRONTIÈRE DE LA SARRE 39
arrivé qu’en 1808 dans cette ville ; mais il n’avait
pas tardé à y devenir un personnage important par
son mariage avec la fille de Ferdinand Stumm, un
des principaux chefs d’industrie. Bœcking tenait de
son éducation et de sa jeunesse, passée dans le
centre industriel d’Iserlohn et le comté de la Mark,
une des plus anciennes possessions rhénanes de la
Prusse, des sentiments tout prussiens. Il fut par là
naturellement désigné au choix du gouverneur,
Justus Grüner, auquel avait été confiée, au nom
des alliés, l’administration des quatre anciens départements.
Nommé par lui, en mars 1814, bourgmestre
de Sarrebruck, Bœcking se désista presque
aussitôt de ces fonctions, pour obtenir la charge,
plus utile à ses desseins, de commissaire des Mines
de la Sarre. C’est en cette qualité que, agissant en
maître dans notre École des Mines de Geislautern,
il s’empressa de mettre en vente les matières ouvrées
ou non ouvrées qui s’y trouvaient. Ces façons
dictatoriales étaient faites pour implanter l’idée
d’une possession définitive. Il mettait d’ailleurs tout
en œuvre pour prévenir un retour possible de Sar-BracnE.
Il convient cependant d’ajouter que BœckrNG
n'avait pas toujours été si dévoué aux intérêts prussiens.
Sous le régime français, il s’était montré partisan zélé
de la France. Il avait reçu la croix de la Légion d'honneur.
L’empereur lui avait même offert une réplique de son
buste en marbre par Canova. — L. G.)