LA FRONTIÈRE DE LA SARRE 07
équitable. En tout cela il diffère du second traité
de Paris, signé en 1815.
L'article second du traité du 30 mai 1814 posait
ce principe : « Le royaume de France conserve l’intégrité
de ses limites telles qu'elles existaient à
l’époque du 1°" janvier 1792. Il recevra en outre
une augmentation de territoire comprise dans la
ligne de démarcation fixée par l’article suivant. »
L’application de ce principe se heurtait à des
difficultés spéciales en ce qui concerne le département
de la Moselle, qui, par la perte des départements
rhénans acquis par la République, redevenait
frontière. On a vu que certaines enclaves allemandes
subsistaient encore dans l’intérieur de notre
frontière lorraine en 1792. D'autre part, l’établissement
d’une frontière douanière entre le département
de la Moselle, resté français, et celui de la
Sarre, que cette clause, prise à la lettre, nous eût
fait perdre en entier, ne pouvait manquer de jeter
une perturbation profonde dans le régime économique.
Déjà, dans les premiers mois qui avaient
suivi l’invasion, on avait été à même d'en prévoir
et d’en mesurer le péril. A peine (9 janvier 1814)
l’armée prussienne de Blücher avait-elle traversé la
Sarre à Sarrebruck, dispersant les autorités établies,
qu’une inondation de produits de l’industrie étrangère
avait submergé la contrée. La barrière douanière
une fois rompue; les fers provenant de la rive