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LA FRONTIÈRE DE LA SARRE ss
On recueille dans les témoignages du temps l’écho
de l’émotion spontanée que devaient soulever,
plus tard, les perspectives de séparation. Lorsque,
au mois d’octobre 1815, le bruit se répandit que le
pays de Sarrebruck, que nous avions conservé en
1814, allait être perdu pour nous, un véritable cri
d’alarme s’éleva. -« Le pays de Sarrebruck, écrivait
au duc de Richelieu le directeur général des Mines },
est très important pour la France par ses belles
forêts, ses nombreuses usines et fabriques, et surtout
ses mines de houille dont les produits sont nécessaires
au chauffage des habitants du département
de la Moselle, à l’alimentation des usines que ce
département renferme, et surtout à celle des salines
du département de la Meurthe. Cette nécessité est
beaucoup plus grande aujourd’hui qu’elle ne l’était
autrefois, parce que l’usage de la houille s’est considérablement
répandu depuis vingt ans. » Il continuait,
citant quelques-uns des établissements dont
la perte serait irréparable, Geislautern, Hostenbach
et ses houillères, Vaudrevange et sa belle manufacture
de faïence de la maison Villeroy, les importantes
usines de fer et de cuivre de Dilling, « un
des plus beaux établissements de France. ».
Ce n’était pas seulement la voix du fonctionnaire,
mais celle de l’intérêt public qui se faisait entendre.
|. Arch. Nat, F'*, 1178.