34 LA FRONTIÈRE DE LA SARRE
dans plusieurs contrées d’Europe ». La confirmation
de ce jugement est fournie par l’insistance avec
laquelle la Prusse exigea, en 1815, la livraison de
ce document capital, qu’elle n’obtint enfin qu’après
que le patriotisme de nos industriels de Sarrelouis
le lui eut dérobé pendant plusieurs années. On
comptait, en 1810, dix-huit exploitations en activité
dans le département de la Sarre. Par contrecoup,
la sidérurgie du département de la Moselle
accroissait du même pas sa production. Les maîtres
de forges de Wendel ajoutaient en 1811 l’établissement
de Hayange à celui de Moyeuvre. De son
côté, le département de la Meurthe tirait des houillères
de la Sarre le combustible nécessaire à l’exploitation
de ses salines de Dieuze, Vic et Château-Salins.
Un canal fut entrepris en 1809 pour relier
la Sarre, par Harskirchen, avec le pays Saulnois.
Ainsi s’était nouée une étroite solidarité entre le
bassin houiller de la Sarre et nos anciens départements
lorrains. Ses ressources étaient devenues une
nécessité, tant pour le département de la Moselle,
où depuis un quart de siècle le nombre des grandes
usines à fer s’était accru de plus de moitié, que pour
celui de la Meurthe, depuis longtemps inquiet de
l'épuisement des forêts, pour l’exploitation de ses
salines,
1. Rapport de MONTALIVET, ministre de l’Intérieur
(1812). Arch, Nat., F**, 1077.