LA FRONTIÈRE DE LA SARRE 33
les colporteurs de ces houilles, qui tend à envisager
celles de la Sarre comme mauvaises, incommodes
pour l’usage et même dangereuses... Le préjugé,
ajoutait-il, disparaîtra bientôt en faisant faire dans
le pays même des expériences comparatives ».
C’est d’après ces idées que fut fondée en l’an X, à
Geislautern sur la Rosselle, à 10 km. à l’Ouest de
Sarrebruck, une Ecole des Mines « pour propager
l’application de la houille et du coke à la fabrication
du fer * ». Déjà la contrée présentait l’aspect caractéristique
de la grande industrie. « A chaque
pas, écrit Lefebvre, des hauts fourneaux pour traiter
les minerais de fer, des forges pour concentrer et
affiner ce métal, attirent l’attention. »
Le Premier Empire, pendant les années de prospérité,
encouragea et stimula ces progrès. Un décret
de 1808 confia aux ingénieurs de l’École de Geislautern,
Calmelet et Beaunier, sous la direction de
l’ingénieur en chef Duhamel, le soin de relever minutieusement
toute l’étendue connue (367 km? environ)
du bassin houiller de la Sarre. Les travaux de
prospection et de nivellement donnèrent lieu, au
bout de trois ans, à l’établissement d’un atlas de
66 cartes, dont le ministre Montalivet put dire que
c’était « l’opération de ce genre la plus considérable
qui eût encore été exécutée en France et peut-être
1. Arrêté du 23 pluviôse an X.
GaL1o‘s. — Le Bassin de la Sarre