LA FRONTIÈRE DE LA SARRE 31
maient un total de 1.630.697, soit à peu près le
vingtième de la population de la France d'alors
(33.110.000 habitants). Le département de la Moselle
confinait sur la rive gauche de la Moselle à celui
des Forêts ; il adhérait largement à celui de la
Sarre ; par son extrémité orientale il confinait à
celui du Mont-Tonnerre.
La réunion de tous ces territoires sous une même
domination politique, initiatrice de grands travaux
publics, et dans l’intérieur d’une même frontière
douanière, assurait pour la première fois un vaste
marché aux industries de la rive gauche du Rhin.
Parmi celles-ci, celles du fer et de la houille avaient
particulièrement pour sièges les départements limitrophes
entre eux de la Sarre et de la Moselle. Les
relations étaient déjà anciennes entre les deux contrées
: avant même de devenir citoyens français,
mais déjà sous la pression des armées républicaines,
quelques-uns des principaux notables alléguaient,
dans un mémoire adressé aux représentants du
peuple, que « le commerce, l'échange de nos fers,
de nos bois et de nos houilles contre les produits des
manufactures françaises ont cimenté et entretenu
l’attachement des Nassauviens pour les Français* ».
Ces relations trouvèrent un nouvel aliment dans
1. 17 juin 1793 (HorsTMANN, Die Franzosen in Saarbrücken
1792-94, in. Briefen von einem Augenzeugen,
Saarbrücken, 1890).