LA FRONTIÈRE DE LA SARRE 23
saire : 5 villages voisins et « l’emplacement de la
ville de Valdrevange avec les bâtiments qui y restent
». Les franchises dont on avait favorisé sa
fondation semblaient promettre à Sarrelouis un
développement urbain ; il ne lui manquait qu'un
rayon assez étendu pour en exploiter les avantages.
C’est ce qu’il obtint en 1766, par l’incorporation du
duché de Lorraine au royaume ; on vit alors se
multiplier aux alentours des établissements industriels,
dont quelques-uns étaient appelés à une
brillante fortune : verreries à Wadgasse, forges à
Dilling, faïenceries à Vaudrevange.
Le traité de Ryswick marque un point tournant
dans la politique de frontières suivie par l’ancienne
monarchie. L'influence française continue à s’exercer
fructueusement parmi les dominations qui se
partagent la région limitrophe ou voisine de la
Sarre ; il y a là assez d’intrigues, de compétitions et
de besoins d’argent pour qu’elle y trouve un champ
favorable. Mais elle cherche maintenant à consolider
et à régulariser notre frontière plutôt qu’à
l’étendre. La réunion des duchés de Lorraine et de
Bar a sanctionné les arrangements conclus en 1738
aux traités de Vienne. Désormais Alsace, Lorraine,
Trois-Évêchés forment une masse compacte. La
préoccupation dont s'inspire dès lors notre diplomatie
est d’en fixer les contours extérieurs, d’en ratta-