LA FRONTIÈRE DE LA SARRE 21
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trale, une ville entièrement nouvelle ; ce fut Sarrelouis.
Vauban en dressa les plans en janvier 1680.
Vaudrevange fournit, non seulement les matériaux,
mais une partie des habitants. Ainsi désormais, au
centre des relations qui se croisent en ce lieu, le
royaume de France se substituait au duché de Lorraine.
Il intervenait avec le poids de sa puissance,
son prestige, l’influence de ses mœurs administratives
et judiciaires, au cœur de régions livrées au
morcellement. C’est à lui, dorénavant, que revenait
la conduite des rapports avec les diverses souverainetés
échelonnées depuis le Luxembourg espagnol
et l’électorat ecclésiastique de ’Trèves jusqu’au
duché de Deux-Ponts, en passant par la principauté
de Nassau-Sarrebruck et la seigneurie de
Bliescastel, sans parler d’enclaves réciproques.
Il n’est pas douteux que, dans la pensée de son
royal fondateur, Sarrelouis ne fût le noyau d’'acquisitions
futures. C’était le moment des Chambres de
réunion. Celle de Metz, instituée en septembre 1679,
avait pour mission de rechercher et de revendiquer
les fiefs temporels ayant jadis relevé des évêchés de
Metz, Toul et Verdun. Elle s'y employa avec un
zèle que Louvois lui-même jugea prudent de modérer.
On put croire un moment que Sarrelouis deviendrait
la capitale d’une nouvelle province, car le
bailliage et le siège présidial qui y furent établis en
1685 comprenaient, non seulement l’ancien bailliage